Communication,  Introspection personnelle

Sophro Poésie

Sophrologie est poésie

La sophrologie comme la poésie sont des écoles de la conscience. Dans notre époque trouble faite de bouleversements agressifs pour notre humanité et d’espoirs scientifiques, la sophrologie comme la poésie s’adressent à l’Homme et peuvent lui permettre de se hisser en conscience. Toutes deux reviennent à l’essence des choses.

La poésie n’appartient à personne. Elle est partout. Elle est nulle part. La poésie, ce sont des mots, des images, du sens ou du non sens.

Le poète a conscience de sa finitude. Conscience de «l’éludition» du moment. Le poète n’a ni jugement, ni a priori. Il est phénoménologue. Il ne peut qu’être instant. Il sait l’im-permanence de l’instant. Il cherche la vérité, sa vérité.

«La poésie est à la fois parole et provocation silencieuse, désespérée de notre être exigeant pour la venue d’une réalité qui sera sans concurrente.

Imputrescible celle-là

Impérissable, non, car elle court les dangers de tous. Mais la seule qui visiblement triomphe de la mort matérielle. Telle est la beauté hauturière, apparue des les premiers temps de notre coeur, tantôt dérisoirement conscient, tantôt lumineusement averti.» écrit René Char dans «les matinaux» édité chez Gallimard.

Pour cela le poète procède avec méthode. Rimbaud parle de dérèglement des sens pour voir la réalité autrement. Son corps devient l’outil. Il apprend à déconnecter son mental et accepte ce qui vient…jusqu’au silence. «Elle est retrouvée, quoi? l’Eternité. C’est la mer allée avec le soleil. Ame sentinelle murmurons l’aveu de la nuit si nulle et du jour en feu…» écrit Arthur Rimbaud. N’est ce pas, parfois, notre séance lors de nos écoutes corporelles en visite intérieure.

Ou comme l’écrit Anna Glazova, poète contemporaine russe, fille adoptive de Rilke et de Celan, «Simultanéité des jours et des nuits de la vie vécue et invécue /incluse dans chaque regard d’homme / avant qu’il apprenne à parler / et plus tard sache se taire / Et dans une même explosion de joie / ou aggravation de tristesse / monte et descend / (comme flux et reflux) cette singulière succession de tournants de la naissance jusqu’à la mort.» nous dit-elle dans «expérience du rêve» aux éditions Joca Seria, à Nantes.

Il y a urgence. Espace Temps s’entremêlent. Sensations, émotions, mental ne font qu’un. «L’homme qui s’y baigne est un poème d’iode et de cobalt. En tête, un bouillonnement d’images et de huées.

Dans la bouche, la langue aux liens légers, aux signes peu crédibles.

Ses mots rapides changent vite de ciel et de d’humeur.

Le souffle de ce temps est court, sa carcasse étroite.

Comme un plongeur s’asphyxie, le poème éperdu remonte des profondeurs céruléennes, par bourrasques turquoise, à la vitesse du bleu de la mer.

L’homme qui regarde la mer est un enfant passible d’amour.

L’atlantique est une feuille qu’il macule ou chiffonne.

Du matin au soir, il y trace de longue lignes tremblantes et malhabiles.

Il fait dans la chambre des gestes méticuleux pour s’arrimer à l’infini.

Son bateau de papier en ont fait le tour, sans soucis des intempéries.

L’air de rien. Ils dérivent, d’un îlot de parole à l’autre.

L’immensité tient toute dans un oeil de fourmi.» ajoute Jean-Michel Maulpoix dans «histoire de bleu» chez Gallimard.

Car au fond, c’est de cela qu’il s’agit. Corps, images, paroles, néant..Et Binswanger, (psychiatre du siècle dernier) notre auguste révolutionnaire de l’amour ne s’y est pas trompé. Il y a alchimie entre notre regard-corps-ouïe et l’univers. Votre rôle de sophrologue et celui de l’élève seront peut être ceux-là : Par la parole-incarnation insuffler notre Amour-liberté pour que chacun regagne la lumière qui est en lui.

 

Ainsi, chaque jour avec répétition et modestie cherchons et trouvons nos étincelles de vie.

Cela commence par le corps, notamment notre schémas corporel, pour retrouver l’enveloppe : puis cela se poursuit par la connaissance et l’activation de nos cellules nerveuses environnantes qui nous alertent, qui nous informent ou qui nous font plaisir. «Moi! moi qui me suis dit mage ou ange, dispensé de toute morale, je suis rendu au sol avec un devoir à chercher et la réalité rugueuse à étreindre!» Rimbaud saisit que coupé du sol, de notre terre mère, il sera perdu.

La beauté n’est pas dans l’imaginaire intellectuelle, elle est dans la vie et dans notre capacité à la saisir même avec ce qu’il y peut avoir de moche.

Acceptons sans jugement ni à priori ce qui se passe en nous. Accueillons cela avec bienveillance comme le poète accueille la nature. Faisons place au silence et la contemplation pour faire place à soi et à autrui.

Nous sommes dans la relation d’aide. Nous accompagnerons toujours quelqu’un, même s’il on est pas sophrologue ou psychologue. Or, le regard poétique ou l’oreille musicale, celle issue du silence, celle issue d’une gravité terrestre profonde, celle d’une confiance en l’avenir malgré les difficultés de la vie, sera un chant pour autrui.

«La musique de mon chant, semblable aux bras épris de l’amour, t’enveloppera.

Mon chant baisera ton front comme une bénédiction.

Lorsque tu seras seul, il viendra se mettre à tes cotés et chantera doucement à ton oreille; quand tu seras dans la foule, il te tiendra à l’écart dans un enclos de solitude.

Mon chant servira d’ailes à tes rêves, il emportera ton coeur jusqu’aux limites de l’inconnu.

Il sera comme l’étoile fidèle qui brille là-haut, quand la nuit couvre ta route.

Mon chant sera comme une lumière dans tes prunelles et ton regard percera jusqu’au coeur même des choses.

Et quand ma voix se taira dans la mort, mon chant se fera entendre à ton coeur plein de vie.» comme l’écrit Rabindranath Tagore dans «le jardinier d’amour», nous ne serons que de simples passants, mais, notre voix peut porter ses fruits au de là de l’au de là…

Alfonso Caycédo a crée la sophrologie pour lutter contre les méfaits de la consommation de masse : dépression, angoisse, addiction, obésité, maladie cardio-vasculaire… Ces maladies sont qualifiées d’évitables. S’engager dans un parcours de sophrologie, c’est vouloir se connaître, peut être se changer, pour transformer la réalité. Il y a transe en danse.

Emmanuel Crouail, le 11 mai 2016

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