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De l’émotion.

De l’émotion.

Nous savons qu’elle s’éprouve d’abord dans le corps grâce à la perception d’un changement dans celui-ci. Antonio Damasio, neurologue, nous montre dans « sentir et savoir, une nouvelle théorie de la conscience » parue aux éditions Odile Jacob en 2021, combien nous sommes avant de penser.

D’après ce chercheur et médecin, le fameux, je pense donc je suis est une erreur. C’est parce que j’éprouve des sensations dans mon corps, des émotions, que je peux accéder à la pensée par image mentale. Ces images, ensuite, se mettent en mots. Les émotions se transforment alors en sentiments.

Les émotions se situe donc dans le corps avant d’être mentalisées et élaborées. Elles s’expriment aussi est en même temps dans la motricité. Nous l’évacuons ou la retenons par des procédés moteurs. Il n’est pas possible de contrôler le vécu spontané d’une émotion mais nous pouvons en maîtriser l’expression.

La gestion des émotions n’a aucun intérêt, mais savoir la nommer, la reconnaître peut être utile, car elle a toujours été sous diverse forme. Dès notre naissance, nous éprouvons, nous ressentons, donc nous avons des émotions et notre corps les traduit.

L’émotion, peut-on dire, est primitive, le sentiment, secondaire. Ce qui nous fait peur à notre naissance, comme le fait de tomber par terre, n’a plus court, mais nous pouvons avoir peur de perdre notre métier, de ne plus avoir de boulot ou de la mort. Notre corps va le ressentir. Notre corps peut aussi exprimer des choses différemment. Par exemple, les pleurs restent présents, mais ce qui nous faisait pleurer enfant n’a pas la même incidence aujourd’hui.

Dans les thérapies psycho-corporelles, nous travaillons sur le corps et les sentiments. Nous créons des ancrages positifs qui procurent une « vivance » positive entrainant une action positive. Nous savons que le passé se réécrit dans le présent et nous préférons aller dans ce qui est présent avant d’atteindre ce qui s’est passé. Il y aura une autre couleur et nous serons armés pour y faire face.

Si nous prenons le temps d’observer une plante, une statuette, une peinture un jour puis un autre, il n’y aura jamais les mêmes perceptions, sensations, émotions, car notre état d’esprit est changeant.

Lorsque j’accompagne un groupe avant une visite d’exposition, le simple fait d’évoquer et de ressentir le calme dans son corps (je schématise.), offre une autre perception de l’objet en question. Ludwig Binswanger, (1881-1966) psychiatre, psychanalyste et auteur de nombreux livres sur l’analyse existentielle, avait bien compris cela et il appelait cela le « stigmun ». Ce Stigmun était la couleur du ciel. Nous pouvons, en effet, être influencé par le climat ou aussi par nos rêves. Contrairement à Sigmun Freud, Binswanger ne cherche pas à analyser un rêve, mais à prendre conscience de l’émotion vécue.

E.C.

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