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Douleur et sophrologie.

La spécificité d’une prise en charge de la douleur par la sophrologie.

La douleur a une fonction. Elle prévient d’un mal à venir : brulures, soucis dentaires, digestifs, ou autre. Tout choc procure une douleur mais celle-ci s’enflamme ou non, prend son espace ou non. La douleur est subjective. Elle exprime quelque chose qui peut-être n’a pu être verbalisé. 

Elle est souvent le croisement entre nos émotions et la physiologie. Nul ne peut vivre la douleur de l’autre. Lorsque la douleur devient chronique, la personne douloureuse rentre dans un cercle vicieux de mal être existentiel, de problèmes de sommeil, de santé, puis de rupture sociale, voire de perte d’emploi. La douleur a un coup social très important. 

À la clinique privée « Le confluent » de Nantes, avec l’association Epsylon, nous écoutons les patients des docteurs Rioult et Rian, alguologue. J’interviens en tant que bénévole une à deux fois par mois auprès d’une psychologue de l’association, Lauriane Pérez ou Soizig Hamard. La plupart des patients viennent de la région. La permanence a lieu une fois par semaine. Nous y voyons 3 personnes. Nous tentons d’offrir à ces personnes outre l’écoute, un point sur leur douleurs et de possibles axes d’améliorations de leur conditions de vie par un accompagnement avec des praticiens psychologues, music-thérapeutes, art-thérapeutes, danse-thérapeutes et sophrologues. La sophrologie peut être proposée lorsque nous percevons que la personne pourrait être réceptive à la discipline.

La sophrologie a toujours eu sa place dans la prise en charge de la douleur. Elle permet rapidement au patient d’abaisser son niveau de tonus musculaire, comme l’hypnose dont elle est issue. Rapidement nous proposons aux participants le training auto-gène de Schultz ou encore de Jacobson, mais les techniques ne sont pas le plus important. 

Ce qu’il importe est de comprendre, voire de faire prendre conscience au client, de son lien à douleur et d’essayer de modifier celui-ci pour apporter un peu de liberté dans son existence.

Un jeune homme ne dormait plus, rongé par le stress dû au passage du baccalauréat. Il avait des crampes à l’estomac, ne mangeait plus rien, vomissait la nuit. En quelques séances, il s’est détendu, à perçu l’échéance du bac avec un autre regard puis réussi cet examen haut la main. La douleur n’a pas été le centre de la cure mais plutôt le lâcher-prise, la prise de hauteur, des petits exercices de concentration et l’écoute attentive et respectueuse de ses préoccupations.

D’autres personnes ont des douleurs chroniques, elles vivent avec depuis la nuit des temps. Elles ne m’en parlent même pas tellement elles font partie de leur vie, et, au cours d’un exercice de libération des tensions, réalisent qu’elles n’ont plus mal. 

Elles ont mis l’intention d’éloigner les tensions dans tout le corps mais pas seulement sur leur douleur. Elles ont unifié tout leur corps. Le relâchement de l’esprit et de l’ensemble du corps a eu pour conséquence qu’elles se sont oubliées comme étant souffrante. 

Elles mêmes sont tout étonnées. Cela peut se vivre dès la première séance. Cette capacité découverte d’auto-détente-profonde peut être cultivée. Le participant a appris comment se détendre. Il est important alors de valoriser ce pas de géant car c’est le début du changement. 

Le cerveau ne fait pas de différence entre le rêve et la réalité mais le corps perçoit lui le bien être que la séance lui procure.

Quand la douleur s’installe dans la vie, elle prend une place particulière. Elle est aussi un moyen de communication entre le client et son entourage proche. 

Elle peut avoir des bénéfices secondaires. Elle peut permettre à un malade de se réfugier dans un replis régressif ou de garder une place désagréable mais rassurante.

La douleur exprime quelque chose. Elle apparaît à un moment bien précis. Peut-être avons nous été victime et la douleur reste une cicatrice ouverte de cet évènement douloureux ? Peut- être est ce un refuge pour avoir quelque chose lorsque l’on se sent dépossédé..?

Travailler sur la conscience de soi élargit celle-ci et comme un récipient dans lequel nous nettoyons notre pinceau rouge, plus celui-ci est vaste moins l’eau se colore. C’est souvent la famille qui constate le mieux être : « Tiens, tu t’agaces moins vite… Tu sembles moins fatigué… Tu as fait une nuit entière ». L’anxiété d’avoir mal s’estompe au rythme avec lequel le sophronisant accueille sa douleur, ne lutte plus contre, utilise sa respiration ou d’autres moyens de concentration pour faire focus sur autre chose que la douleur et la laisser passer. Ma douleur ne me définit pas.

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